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July Giguère




July Giguère
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Notice biographique de l'auteur

Enfant, July Giguère a vécu un peu partout, au Canada, aux États-Unis et au Mexique, dans un Winnebago. Aujourd'hui, elle habite Sherbrooke où elle enseigne la littérature. Aux cours de ses années d'études en lettres, elle a publié des textes dans les pages d'Exit et d'Art le Sabord et participé à la fondation de la revue Jet d'encre à laquelle elle a aussi collaboré comme auteure.


  • Prix et distinction

    Lauréate du Grand Prix du livre 2010 de la ville de Sherbrooke

    Année : 
    2010
    July Giguère a remporté le premier prix du volet création littéraire du Grand prix du livre 2010 de la Ville de Sherbrooke [...] En savoir plus >>


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Prix et distinctions


Du même auteur au groupe Ville-Marie Littérature


Entretien avec l'auteur

Entretien avec July Giguère pour «rouge, presque noire».


Comment êtes-vous venue à l’écriture et plus particulièrement à la poésie en prose ?
Cette forme s’est imposée à moi. Il ne s’agit pas d’un choix conscient, rationnel. C’est probablement lié à ma manière de ressentir les choses, à ce que j’attends de l’existence et que j’espère moi-même trouver dans les livres : ce ne sont pas les histoires qui m’intéressent le plus, mais l’aura particulière que leur confère la voix dans l’écriture.
 
Il y a quelque chose de physique dans la poésie : une certaine densité que j’associe à la voix humaine et au corps. Je pense que, pour être un poème, un texte n’a pas nécessairement besoin d’être écrit en vers, mais doit simplement posséder une dimension charnelle.
 
J’ai eu, très jeune, envie d’écrire parce que l’ailleurs auquel j’accédais par la lecture me rendait le monde moins étranger, moins effrayant. Il m’aidait à vivre.
Comment vous sentez-vous avec cette première publication ?
J’éprouve une grande joie et, en même temps, j’ai peur, j’ai le vertige. Comme lorsque j’étais petite et que la balançoire montait si haut que je croyais toucher le ciel avec mes pieds.
Y a-t-il des auteurs qui vous ont accompagnés pendant cette écriture?
Oui. Quand j’ai commencé à écrire ce recueil, je travaillais en même temps à un mémoire sur Le ravissement de Lol V. Stein. Je suis fascinée par le style et les personnages de Marguerite Duras, par la voix qu’on entend dans ses livres.
 
J’ai beaucoup écouté aussi les chansons de Bob Dylan, de Leonard Cohen et de Chloé Sainte-Marie.
 
Et lu à voix haute la poésie de Sylvia Plath.
Quel regard portent vos personnages sur le monde ?
Je pense que mes personnages posent un regard à la fois lucide et amoureux sur le monde. Ils sont cruellement conscients de la valeur de ce qu’ils ont perdu ou sont en train de perdre (l’innocence, la joie, le lien…) et du caractère irrémédiable de la perte. Et en même temps désireux d’avancer, d’aller vers l’autre, à qui ils tendent leur corps, leur voix, en aveugles, parce que leurs yeux sont rivés sur ce qui a été laissé derrière : une chose qu’ils n’arrivent plus à reconnaître, à vraiment voir, mais à laquelle ils ne peuvent pour autant renoncer. Ce sont des personnages hantés, jusque dans leur corps, par une histoire dont ils distinguent à peine les contours.
Malgré le ton apparemment léger, vos textes parlent d’une grande douleur et de sentiments torturés. Pensez-vous que ce serait là une des caractéristiques de votre écriture ?
Oui, je pense que oui. Mais ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé. Pour l’instant c’est cette partie-là de moi qui a besoin de la poésie pour s’exprimer. Je crois que la poésie naît du silence, d’un vide en nous, comme celui que décrit Michaux dans son poème Le vide :
 
Ce n’est q’un petit trou dans ma poitrine,
Mais il y souffle un vent terrible.
Dans le trou il y a haine (toujours), effroi aussi et impuissance,
Il y a impuissance et le vent en est dense
 
J’écris à partir de ce que j’ignore de moi-même, à partir de ce pour quoi je n’ai pas de mots.
Avez-vous des rituels d’écriture ? Lesquels ?
La solitude, le calme. L’illusion que le temps ne s’écoule plus, qu’il retient son souffle.
 
Pour retrouver cette illusion, j’écoute de la musique et je danse dans ma cuisine ou je vais marcher sur le bord de la rivière Saint-François.
Quels sont vos projets ?
Je rêve d’écrire un recueil de poèmes plus durs… ou plus lumineux. De trouver les mots comme on ramasse des galets sur une plage et de contempler le ventre blanc d’oiseaux migrateurs en vol.
Avez-vous une adresse électronique où vos lecteurs peuvent vous écrire ?
Oui : sourisprune@hotmail.com

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Prix et distinction

Lauréate du Grand Prix du livre 2010 de la ville de Sherbrooke

Auteur : 
July Giguère
Livres : 
rouge presque noire
Année : 
2010
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