Les Éditions de l'Hexagone

Gilbert Langevin





© Photo : © Josée Lambert

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Notice biographique de l'auteur

Né en 1938 au Lac-Saint-Jean, Gilbert Langevin est décédé en 1995 à Montréal. Il nous a donné une œuvre importante qui compte, entre autres, plus de trente titres de poésie de grande valeur. Plusieurs chansons du poète sont interprétées par Pauline Julien, Offenbach, Marjo, Dan Bigras et d'autres.


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Résumé de carrière


Gilbert Langevin est né le 27 avril 1938 à La Doré, au Lac-Saint-Jean. Son père, Raoul Langevin, est menuisier; sa mère, Thaïssia Harvey, est coutu­rière. Fils d'artisan, il se considérera toujours lui­-même comme un artisan. Mon père travaillait le bois, expliquait-il. Et je fais comme lui. Il a fabriqué des tiroirs et j'en ai mis dans mes /ivres- Un jour, il a dit à ses amis ouvriers: «Mon fils fait des maisons en papier.» Arbres, bois, papier: il avait raison.
De 1944 à 1951, il complète ses études primaires à l'école de son village; puis, de 1951 à 1959, il pour­suit un cours classique qu'il ne terminera pas.
Ce sera d'abord au Séminaire Saint-Alphonse, chez les rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré (Les rédempterroristes, disait-il en riant), puis chez les oblats du Collège de Jonquière (1956-1958), enfin chez les sulpiciens du Séminaire de philosophie, rue Côte-des-Neiges à Montréal (1958-1959). Ce n'étaient pas des gens à toucher aux petits gars: ils seraient plu­tôt sortis avec les mères des élèves. Ils étaient humains et ils ne m'ont pas touché sexuellement, ni textuelle­ment d'ailleurs: ils ne m'ont touché nulle part, sauf au cœur. Il rappelait volontiers les noms de certains qui l'avaient marqué. Le père Lucien Harvey, le père Arguin, le père Samuel Baillargeon. D'autres encore. J'adore ces gens-là et ce sont des prêtres. J'ai reçu d'eux, du Séminaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, tout ce dont j'avais besoin pour écrire. Je connais aujourd'hui beaucoup de jeunes poètes bourrés de talent, mais qui ne peuvent donner toute leur mesure parce qu'on ne leur a pas enseigné leur langue, la syntaxe, la gram­maire. Langevin complète ses années d'apprentissage en suivant quelques cours à l'Institut Leguerrier, à Montréal, en 1959.

En 1958, à Roberval, il a fondé les Éditions Atys, inaugurées par la publication d'un recueil collectif. Ce sont les Éditions Atys qui publieront, mais à Montréal cette fois, les premiers ouvrages de Langevin ainsi que des recueils de Serge Deyglun, Jean Gauguet-Larouche, André Major, Yves-Gabriel Brunet, Georges Dor,
Jacques Renaud, Marcel Bélanger et Gilbert Moore, entre autres. C'est aussi en 1958 que se situe sa rencontre avec Gaston Miron: Mon maître, mon père en poésie, c'est lui: je voue à Miron une immense admiration.
Pour gagner sa vie, Langevin travaille tour à tour comme éducateur auprès d'enfants intellectuellement déficients à l'Institut Doréa (1960-1961), comme sur­veillant à la Bibliothèque Saint-Sulpice (1962, 1963­-1964) - aujourd'hui Bibliothèque nationale du Qué­bec -, comme scripteur au Service d'informations de Radio-Canada (1964-1965), comme correcteur d'épreuves aux Presses de l'Université de Montréal, comme membre du comité de lecture des Éditions La Presse (1975-1976) et comme directeur adjoint des Éditions Parti pris (1977-1982). Il travaille, c'est-à-dire qu'il «fait du temps», selon sa propre expression.
Parallèlement, il donne des cours de littérature et de rédaction française à l'Université ouvrière (1961-1962), cette expérience mise en place à Montréal par Jean Fortin, puis il fonde, en 1961, le Monvement fraterna­liste - ceci, affirmera-t-il, avec l'appui de François Hertel, alors en exil en Europe - et publie en 1964 Les
Cahiers fraternalistes. Il s'en expliquait ainsi: Ça peut paraître prétentieux, j'ai fondé une philosophie: le fra­ternalisme. C'était un mélange d'existentialisme et de marxisme, qui correspond pas mal à ce que je suis.




 
[...]

j'avais inventé le terme, je pensais que d'autres - comme François Gagnon - formuleraient la phi­losophie, une philosophie qui aurait été faite par plusieurs.
À la même époque, il anime aussi des récitals de poésie au Bar des arts (1963-1964) et au Perchoir d'Haïti (1964-1965).
Il obtient en 1966 le prix Du Maurier, pour Un peu plus d'ombre au dos de la falaise.
En 1966 également, il commence à écrire des chansons qu'il donne en récital en tant qu'auteur­-compositeur-interprète à partir de 1968; il participe en outre, avec Patrick Straram et Armand Vaillancourt, aux spectacles et conférences de l'Atelier d'expres­sion multidisciplinaire (1973-1974). J'ai écrit 300 chansons. Il y en a quelques-unes de connues. J'ai fait des spectacles aussi et des conférences. Gaston Miron également, mais pas dans les mêmes rues. Hubert Aquin était pareil. On est un monde de parleurs.
De 1973 à 1981, il collabore régulièrement à Hobo-Québec. Avant ces dates comme après, il col­labore aussi à divers magazines et revues.
En avril 1979, il reçoit le prix du Gouverneur général 1978 et remet en partie la bourse qui l'ac­compagne à un organisme qui travaille à la défense des prisonniers politiques du Québec.
Boursier du Québec et du Canada à de nombreu­ses reprises entre 1980 et 1993, il se consacre essen­tiellement pendant toutes ces années à l'écriture poé­tique, produisant un grand nombre de poèmes et de chansons dont une partie seulement est publiée.
        En 1994, il reçoit le prix Alain-Grandbois de l'Académie des lettres du Québec.
        Gilbert Langevin meurt à Montréal le 18 octobre 1995.


Prix et distinctions


  • Prix Alain-Grandbois, 1994
  • Prix du Gouverneur général du Canada, 1978
  • Prix Du Maurier, 1966

Du même auteur au groupe Ville-Marie Littérature


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