Nouveautés

  • Depuis 1968, Gilles Cyr a élaboré une oeuvre poétique témoignant d'une constante attention au monde. Celle-ci relève moins de la contemplation que de l'étude, dimension très frappante dans ses carnets, où les notes n'ont toutefois rien de systématique : elles s'attachent librement aux personnes, aux lieux et aux choses, et souvent à la littérature, en particulier à plusieurs poètes admirés. Comme c'est le cas pour l'oeuvre poétique, la langue est ici rigoureuse, à la fois concise et subtilement rythmée. Au fil du temps, l'écriture des poèmes s'est transformée, en intégrant la légèreté et l'humour, qui ne remplacent pas la gravité initiale, mais s'y ajoutent et l'animent. On peut y voir une leçon de ces carnets, que le poète aurait suivie, et qui nous est maintenant proposée.

    François Dumont

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  • mais il n'est rien qui puisse contenir les femmes amères
    nos viscères sont bridés d'euphories dévastatrices
    qui nous font roter quand elles remontent


    L'autrice poursuit son exploration poétique du désir, de l'identité, du rapport à l'autre dans un recueil d'une impudeur ardente, et élégante. Dans des vers incarnés qui mettent la lecture sous tension, la réaction – genrée, raciste, sociale – continue de brutaliser l'intellect. Et cette fois, le désir d'élévation et la figure du féminin transcendé, pour le meilleur et pour le pire, entrent en scène.

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  • rencontre-moi boulevard Décarie sur la bande de gazon
    qui annonce en surplomb l'autoroute des Laurentides

    pour nous pencher vers les montagnes dynamitées qui
    avalent la route ma boussole vers le nord

    fille,
    je vais tordre tes doigts


    Dans une langue marquée par les idiomes et les emprunts, Patricia Houle livre des contemplations et des réminiscences grinçantes et émerveillées. Un recueil ambitieux, construit en couches successives, laboratoire de la maturation poétique, esthétique et érotique de la narratrice.

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  • Dans un recueil en forme d'inventaire, le poète compte ses failles, brade ses objets et son corps, pour apprivoiser la perte.


    Je conspire avec les bouches
    cousues, pas un bruit, pas un son:
    je peine pourtant à ôter
    de mes pieds le cri
    qui s'y colle
    comme une gomme.


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  • tu entres en moi
    comme un crochet
    dans un œil


    un hameçon
    dans un œil ouvert



    En 1971, Margaret Atwood se penchait sur le rapport amoureux. Ou plutôt, sur une relation amoureuse : car ce recueil dont l'actualité, cinquante ans après sa parution, stupéfie, est enraciné dans l'expérience. Laquelle, précisément? Ça n'a aucune importance. La sienne.
    Atwood a toujours refusé qu'on assimile son œuvre à un mouvement particulier. De fait, quand son regard se pose sur la disparité des rapports de pouvoir et des formes d'affrontement dans le, dans un, couple hétérosexuel, il se pose sur des choses, sur des faits.
    Il y a, dans Politique du pouvoir, de l'élégie acerbe. Et aussi l'évocation de la poésie courtoise et du romantisme victorien. Et encore, de l'absurde, du surréalisme, du postmodernisme, un psychédélisme halluciné et toute une eschatologie mystique, écologique, atomique. Le livre palpite de l'érudition de son auteure. De même, il est sensuel, grinçant et pénétrant.


    Nouvelle traduction par Marie Frankland

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