Nouveautés

  • En 2005, Michel Brault a accordé une longue série d'entretiens au cinéaste Gilles Noël. Dans cette conversation vive et complice, il revient sur les grands films et les grands moments d'une carrière sans équivalent. Les raquetteurs, La lutte, Pour la suite du monde, Les ordres… la contribution multiforme de cet homme discret au patrimoine cinématographique brille dans un ouvrage illustré de plus de 250 plans, documents et photographies de tournage. Tout ce qu'il faut savoir sur l'oeuvre, les influences et les idées de celui qui a introduit avec quelques complices le « cheval de Troie de l'esthétique » à l'ONF, a révolutionné le tournage avec l'invention du cinéma direct, et s'est soucié tout autant, au fil d'une magistrale filmographie, de donner la parole aux gens que de dompter la lumière.

    « On était des citadins pour la plupart. Mais moi, quand je suis sorti de la ville et que je suis allé à l'Isle-aux-Coudres, j'ai découvert tout un univers. Qu'est-ce que j'avais envie de faire, comme cinéaste ? Filmer ce qui fait que les gens, là-bas, sont grands, et le montrer à mes compatriotes de la ville ! C'est ça qui a été ma dynamique, qui m'a enthousiasmé, qui m'a poussé à transformer les caméras pour capter les gestes et les paroles des gens. »
    Michel Brault (1928-2013)

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  • Poète et dramaturge, Denise Boucher affirme, à travers des œuvres comme Les fées ont soif, Paris Polaroïd ou Grandeur nature, une voix puissante et désarmante.

    Boîte d'images est son septième recueil de poésie.

    Votre visage figure
    dans un rectangle de colza
    il carbure au soleil
    sur le chemin de Marboué
    des paillettes de lumière
    saupoudrent le printemps
    où coule et ne coule pas
    la rivière dite la Conie
    jeu de ruptures secrètes
    êtes-vous partout où je vais

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  • Déjà la horde de chair se tait est une dissection de la violence au féminin; celle à laquelle on est soumise, et celle que l'on s'inflige à soi-même. Composé comme une adresse, le recueil rend compte sobrement de la douleur de libérer ce qui a toujours été tu.

    une odeur
    sous de jolis mots

    à l'agonie les peaux lisses paupières arrachées
             verre brisé

    tu pèles le silence        avec tes dents

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  • Cela s'ouvre sur le corps de la mère étendu sur le plancher de la cuisine, sans vie. Suit immédiatement un grand fracas. La jeune fille se précipite dehors à la rencontre de la foule,tétanisée, qui assiste à l'événement : une vague gigantesque s'avance sur la ville.

    Comment réconcilier l'inexorable horizontalité de la mère et la verticalité toute-puissante de la fin du monde qui s'approche ?

    Arrêt sur image.

    C'est le poète qui, d'un geste, interrompt le temps pour permettre au lecteur d'explorer le passé de la jeune fille, de feuilleter son album photo, de rencontrer ses parents, de constater la rupture de la filiation. On profitera également de l'intermède pour discuter des œuvres – livres, films, photographies – qui accompagnent l'écriture du recueil et l'éclairent de toutes parts.

    C'est venu comme une vague, un mur, vraiment, et ça avançait et ça s'écroulait d'un même mouvement. Ce serait sur nous très vite. L'élan de panique était parfaitement coordonné. Un silence, puis la perfection de la panique. Tous d'un seul corps courant dans la même direction. Mais je n'ai plus voulu. Non, ce n'est pas ça : j'ai voulu contre. J'ai essayé de te le dire, mais c'était impossible. Alors, j'ai laissé couler ta main, je me suis couchée sur le sol.

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  • Dans les années 1950 et 1960, Gaston Miron a entretenu avec ses contemporains une correspondance soutenue dont la lecture nous fait entrer au cœur de l'élaboration d'une des oeuvres les plus importantes de la poésie québécoise moderne. Dans cette sélection largement inédite de lettres qu'il a adressées, entre autres, à Claude Haeffely, Henri Pichette, Fernand Ouellette, Guy et Gilles Carle, Louis Portugais, Alain Grandbois et Rina Lasnier, on retrouve l'émotion, les doutes, les fulgurances et surtout la voix, intime et magnifique, de l'auteur de L'homme rapaillé.

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  • Parmi les hommes dépareillés de ces temps
    je marche à grands coups de tête à fusée chercheuse
    avec de pleins moulins de bras sémaphore
    du vide de tambour dans les jambes
    et le corps emmanché d'un mal de démarche
    reçois-moi orphelin bel amour de quelqu'un
    monde miroir de l'inconnu qui m'habite

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  • Pour bien réussir ses travaux de rénovation, il faut avant toute chose prendre conscience de l'état de sa demeure. Ce recueil gratte la couche de surface de nos aménagements intérieurs afin d'exposer tout ce qu'ils recèlent. Au fil des poèmes, la poussière soulevée retombe et remodèle le décor : les meuble crient, les frigos se réveillent. Les traces laissées sur le plancher esquissent les pas d'une danse parallèle.

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  • Même à quatre-vingt-cinq ans, le désir d'une forme nouvelle de langage ne s'est pas atténué, ni la passion de l'achèvement. Chaque poème nouveau soulève l'espoir d'atteindre enfin l'essentiel de la vraie poésie. Or, bien entendu, avec les deuils, avec le corps, l'esprit qui perdent un peu de leur densité originelle, la langue s'imprègne parfois des tonalités du crépuscule. Comment peut-il en être autrement ? L'horizon se rétrécit, certes, mais l'espérance ne perd pas le lien qu'elle a entretenu toute une vie avec le soleil.

    Fernand Ouellette


    Fernand Ouellette est né à Montréal en 1930. Il a reçu le Prix du Gouverneur général du Canada à trois reprises, le prix David du gouvernement du Québec en 1987, le prix Duvernay, le prix Gilles- Corbeil de la Fondation Émile-Nelligan en 2002, le prix Alain- Grandbois de l'Académie des lettres du Québec en 2006 et sa médaille annuelle en 2010, ainsi que quelques autres prix au Québec, en France, en Suisse et au Bénin. En 2008, il reçoit à Paris le Grand Prix international de poésie de langue française Léopold Sédar Senghor. Son oeuvre comprend une quarantaine de titres en poésie, roman et essai. Après L'Inoubliable (trois tomes), les deux volumes de L'Abrupt paraîssent en 2009, et en 2013 : À l'extrême du temps.

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  • LA GÉNÈSE
    En 2007, Nancy Huston, Alain Mabanckou, Éric Orsenna, Le Clézio et Dany Laferrière signaient dans Le Monde une lettre ouverte intitulée « Pour une “littérature-monde” en français » où ils remettaient en cause la vision hexagocentriste des littératures de langue française. Récemment, au Québec, l'éternel débat « terroir contre exotisme » était réactivé à la suite d'une chronique de Christian Desmeules parue dans Le Devoir. Est-il possible pour un écrivain d'adopter une posture autre que nationale ? Les auteurs qui se tournent vers des sujets étrangers sont-ils condamnés à un vain « tourisme littéraire » ?


    C'est pour réfléchir sur ces questions que Ville-Marie Littérature fonde la revue de création semestrielle Le Pigeon, laboratoire et lieu de rencontre qui réunira à chaque numéro les textes littéraires d'une dizaine d'auteurs francophones du monde. Abondamment illustrée par deux artistes en résidence et toute en couleurs, la revue sera aussi belle que riche en découvertes.

    Distribué tant en Amérique du Nord qu'en Europe et en Afrique francophone, Le Pigeon se propose en somme d'effacer les frontières afin de créer une communauté d'auteurs dont la langue française constitue la patrie.

    Fort de ce succès critique inespéré, tant en France qu'au Québec, Le Pigeon revient cet automne avec neuf nouveaux textes, dont un entretien avec Jérôme Ferrari (Prix  Goncourt 2013 pour son Sermon sur la chute de Rome).

    Pour ce numéro, les auteurs ont travaillé à partir du thème « noir et blanc ». Catherine Mavrikakis, Louis Carmain, Carl Leblanc, Alice Zeniter, Emmanuelle Pol, Thomas Baumgartner et Cyrille Martinez voient leurs textes inédits habillés des images  somptueuses de Julien Del Busso (Québec) et de Fanny Blanc (France).

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  • Le poète signe ici un livre personnel et bouleversant dans lequel il trace quelques traits de visages, aussi habiles à exprimer la force que la fragilité, la haine que l'amour. Il partage son monde personnel, parle de ses compagnons de planète et de ce monde dans lequel les humains se démènent de leur mieux. Si son regard peut paraître sévère, il est toutefois plein d'empathie. Sans aucune condescendance, il ose croiser les chemins de traverses afin d'aller au plus près de l'intime ; il découvrira que l'ouverture à l'autre reste essentielle. Malgré les limites, demeure présente cette envie d'écrire, de vivre, de creuser le mystère. C'est ainsi qu'il arrive à prendre la mesure du possible, du destin et du corps.

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